La peinture murale de Touen Houang
Fonds Ancien
Texte de François Fourcade

Les grottes de Touenhouang sont situées à une vingtaine de kilomètres de la localité du même nom, à l'extrémité occidentale de la province du Kansou, dans le Nord-Ouest de la Chine. Elles ont été creusées par les hommes dans les flancs d'une colline d'alluvions, qui porte le nom précis de Mokao ̶ d'où parfois le nom de grottes de Mokao qui leur est donné ̶ et qui domine le cours d'une petite rivière descendue de l'Altyntagh. Dans une certaine mesure, les humbles artistes et artisans qui couvrirent ces grottes de leurs peintures et de leurs sculptures, s'inscrivent par avance en faux contre la phrase célèbre de Rudyard Kipling : "L'Occident est l'Occident, l'Orient est l'Orient et ils ne se rencontreront jamais". D'abord base stratégique importante à la frontière nord-ouest de la Chine commandant les communications vers l'Occident, Touenhouang devient grand centre de transit puis, avec le développement du bouddhisme, un lieu de dévotion et de pélerinage. Les plus anciennes peintures de Touenhouang déroutent. Elles évoquent souvent certaines peintures byzantines, voire les fresques romanes de Méditerrannée Occidentale ; on pense ainsi à la Catalogne devant telle peinture de l'époque Wei représentant en larges traits les disciples nimbés s'affligeant autour du Bouddha entrant dans le Nirvâna. Il n'est pas interdit de penser que les influences hellénistiques, romaines et romano-orientales ̶ et sous-jacentes à celles-ci on trouverait la tradition des peintures murales sumériennes, crétoises et étrusques ̶ se soient propagées à la fois vers l'Asie, à la faveur du bouddhisme, et vers l'Europe méditerranéenne grâce au christianisme.
250 x 230 mm
60 reproductions
fonds ancien
1962 | 144 pages | -
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